Le client veut une prise de poste au 1er novembre. Le candidat dit être disponible « sous trois mois », le consultant inscrit donc le 1er novembre dans la présentation. Après l’offre, chacun découvre une convention collective, des congés déjà posés et une période de passation non négociable. La date glisse de six semaines. Personne n’a menti. Mais personne n’avait vérifié ce que le mot disponible recouvrait.
Comment vérifier la disponibilité avant une shortlist ?
Séparez le préavis théorique, la date que le candidat estime possible, la date réellement confirmée après discussion avec son employeur et les autres contraintes de démarrage. Demandez la source de chaque information sans exiger des documents privés inutiles. Enregistrez une date, un degré de confiance, la date de vérification et la personne qui l’a confirmée.
Présentez au client une fenêtre réaliste plutôt qu’une promesse. En France, la durée du préavis varie selon la situation, le contrat, la convention collective et les accords applicables ; une dispense peut être négociée mais ne doit jamais être présumée. Le candidat reste maître de sa démission et de ses échanges avec l’employeur actuel.
1. Décomposer la disponibilité en faits distincts
« Disponible dans trois mois » mélange souvent préavis, décision personnelle, calendrier d’offre et souhait de repos entre deux postes.
Créez des champs séparés : préavis déclaré, date de fin estimée, flexibilité possible, congés prévus, mobilité, contraintes de voyage et date de prise de poste souhaitée. Ajoutez le statut de l’information : hypothèse, déclaration du candidat, vérification sur un document qu’il choisit de partager ou confirmation après démission. Cette séparation empêche une estimation ancienne de devenir une certitude dans la shortlist.
Posez la question dans le contexte de l’opportunité. Une dirigeante peut accepter une date rapide pour un poste à Paris mais exiger un trimestre supplémentaire pour une mobilité à Lyon. Un candidat international dépend peut-être d’un droit au travail ou d’une organisation familiale. Ne transformez pas ces contraintes en jugement sur la motivation. Elles servent à planifier, pas à classer secrètement les personnes.
- Préavis annoncé et source connue
- Date de démarrage souhaitée
- Mobilité, présence et déplacements
- Événements pouvant modifier le calendrier
2. Vérifier le cadre sans donner de conseil juridique improvisé
Le consultant peut clarifier le calendrier ; il ne doit pas inventer la règle applicable au contrat actuel du candidat.
Service-Public rappelle que le préavis est la période entre la notification et la fin du contrat dans les situations concernées, et que les règles peuvent dépendre notamment de la convention ou des accords applicables. Demandez au candidat s’il a vérifié son contrat et sa convention, mais évitez d’affirmer qu’un délai standard s’impose. Pour un dirigeant mandataire social ou un contrat international, le cadre peut encore différer.
Ne poussez jamais une personne à démissionner avant une offre suffisamment ferme et comprise. Le cabinet peut construire des scénarios : date si le préavis complet s’applique, date si une dispense écrite est accordée, et date de sécurité. Ces scénarios protègent le client comme le candidat. Ils évitent surtout de confondre une conversation hypothétique avec une décision irréversible.
3. Collecter seulement ce qui sert la prise de poste
Vérifier un calendrier n’autorise pas à demander toute la vie personnelle ou l’historique salarial du candidat.
La CNIL a rappelé en 2024 que les données demandées doivent avoir un lien direct et nécessaire avec l’emploi ou l’évaluation des aptitudes. Elle a notamment critiqué la collecte obligatoire d’informations familiales et de salaires passés. Pour la disponibilité, demandez la contrainte opérationnelle et son effet sur le démarrage. La raison intime d’un congé ou le nom du conjoint ne sont pas nécessaires.
Si le candidat transmet une page de contrat ou un échange confirmant une date, limitez l’accès et la conservation. Souvent, une note datée avec la source suffit. Distinguez aussi prétentions salariales et salaire historique : le premier aide à vérifier l’alignement avec le poste ; le second ne doit pas être collecté par réflexe pour négocier à la baisse. Le contexte français impose une vraie discipline sur ce point.
Demandez l’effet sur le calendrier, pas le détail privé qui se cache derrière chaque contrainte.
4. Revalider aux trois moments qui changent le risque
La disponibilité doit être revue avant présentation, avant offre et après la décision de départ — pas seulement au premier entretien.
Avant la shortlist, confirmez que la fenêtre répond encore au besoin du client. Avant l’offre, vérifiez les hypothèses, les congés et la façon dont le candidat compte gérer son préavis. Après démission, remplacez l’estimation par la date convenue lorsqu’elle est confirmée. Chaque mise à jour garde l’ancienne valeur et explique pourquoi elle a changé.
Ajoutez un rappel lorsqu’une date n’a pas été revue depuis plusieurs semaines. Les mandats de direction durent, et la situation professionnelle évolue : nouveau projet, prime différée, promotion, événement familial, disponibilité du conjoint ou exigence de passation. Une revalidation respectueuse n’est pas de la suspicion. C’est ce qui permet de ne pas surprendre le client au dernier moment.
- Qualifier une première fenêtre pendant l’entretien cabinet.
- Confirmer la fenêtre juste avant la présentation au client.
- Rejouer les scénarios au moment de l’offre.
- Enregistrer la date définitive seulement après confirmation réelle.
5. Présenter une fenêtre et son niveau de confiance
Le client a besoin d’une décision exploitable, pas d’une fausse date exacte.
Dans la note de présentation, écrivez par exemple : « préavis contractuel déclaré de trois mois ; possibilité de réduction non discutée ; prise de poste estimée entre mi-novembre et début décembre ». Cette formulation est plus utile que « disponible le 15 novembre » si rien ne garantit ce jour. Elle montre l’hypothèse, l’incertitude et le prochain point à confirmer.
N’utilisez pas la disponibilité comme raccourci de qualité. Si deux candidats satisfont au brief mais démarrent à des dates différentes, laissez le client arbitrer avec le contexte. Une urgence peut justifier une préférence opérationnelle ; elle ne change pas les compétences. Gardez la grille d’évaluation séparée du calendrier pour éviter qu’un chiffre pratique contamine toutes les notes.
6. Gérer mobilité, télétravail et déplacements sans ambiguïté
Une date possible ne vaut rien si le lieu et le rythme de travail reposent sur deux interprétations différentes.
Clarifiez l’adresse principale, la fréquence de présence, les déplacements, la mobilité temporaire ou durable et ce que le client a réellement validé. « Hybride » peut signifier un jour par mois pour le candidat et trois jours par semaine pour l’entreprise. Inscrivez des fréquences observables, pas des adjectifs. Pour une mobilité internationale, séparez la volonté de bouger des démarches administratives que l’employeur devra vérifier.
Le candidat peut réviser ses préférences à mesure qu’il comprend le poste. Conservez cette évolution avec son contexte au lieu d’écraser la première réponse. Si une contrainte devient incompatible, fermez le processus proprement et demandez si la personne souhaite rester joignable pour des rôles différents. Ne déduisez pas qu’un refus de mobilité autorise ou interdit d’autres contacts.
7. Faire du calendrier un travail partagé
Le consultant pilote l’information, le candidat confirme sa situation et le client décide du niveau de flexibilité acceptable.
Attribuez les prochaines actions : candidat relisant son cadre, client validant une date limite, consultant réconciliant les scénarios. Lorsqu’un changement intervient, informez les personnes concernées et mettez à jour le CRM. Les dates cachées dans des messages privés conduisent deux consultants à raconter deux versions différentes au même client.
Après le placement, comparez la date estimée, la date d’offre et la date réelle. Le but n’est pas de noter le candidat. Cherchez plutôt les hypothèses qui se trompent souvent : préavis réduit présumé, congés découverts trop tard, mobilité mal définie ou validation client lente. Ces écarts améliorent le prochain briefing. Une base de recrutement devient utile quand elle garde la raison des changements, pas seulement leur dernier résultat.
Grille de vérification du calendrier candidat
Séparez déclaration, hypothèse et confirmation. Le niveau de confiance doit évoluer avec le processus.
| Information | Formulation utile | Moment de revalidation |
|---|---|---|
| Préavis déclaré | Durée et cadre que le candidat dit avoir vérifiés | Entretien cabinet et avant offre |
| Réduction possible | Hypothèse non négociée ou accord confirmé | Seulement après échange réel |
| Date souhaitée | Fenêtre préférée par le candidat | Avant présentation client |
| Mobilité et présence | Lieu, fréquence et déplacements précis | Après chaque changement du brief |
| Congés ou passation | Effet opérationnel sans détail privé | Avant offre et après démission |
| Date définitive | Jour confirmé par les parties concernées | Après accord réel de sortie |
Ce que le cabinet ne peut pas promettre
Le cabinet ne contrôle ni l’acceptation d’une dispense de préavis ni la décision finale du candidat. Présentez des scénarios et leurs hypothèses. Pour une question contractuelle particulière, renvoyez la personne vers une source ou un conseil compétent.
Un champ ATS améliore la mémoire, mais une date ancienne reste une date ancienne. Sans revalidation humaine, l’automatisation transforme seulement une hypothèse périmée en erreur distribuée plus vite.
Questions fréquentes sur préavis et disponibilité
Ces réponses aident à qualifier une date sans franchir la limite du conseil juridique ou de la collecte excessive.
Existe-t-il un préavis standard de trois mois en France ?
Non. Le délai dépend de la situation, du contrat, de la convention collective et des règles applicables. Demandez au candidat ce qu’il a vérifié et présentez l’information comme déclarée tant qu’elle n’est pas confirmée.
Peut-on demander une copie complète du contrat ?
Ce n’est généralement pas nécessaire pour qualifier une disponibilité. Collectez le minimum utile et protégez tout document que la personne choisit de transmettre.
Quand inscrire une date exacte dans la shortlist ?
Quand elle est réellement confirmée. Avant cela, préférez une fenêtre, indiquez l’hypothèse de préavis et donnez un niveau de confiance compréhensible.
Que faire si la disponibilité change après présentation ?
Mettre à jour l’historique, informer rapidement le client et recalculer le calendrier. Ne masquez pas le changement et n’effacez pas la valeur précédente sans explication.
Sources officielles sur préavis et données candidats
Elles donnent le cadre général. Le contrat et la convention applicables au candidat restent déterminants.
- Service-Public — Préavis de démission d’un salarié
- CNIL — Minimisation des données dans le recrutement
- CNIL — Guide du recrutement
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